Tu vas à Charbonnières. Tu veux des leads. Alors viens “prêt Europe”.
Le 6 octobre 2026, Minalogic organise Minalogic Innovation Boost - Robotics & AI: Go to Europe! au Campus Région du Numérique, 78 route de Paris à Charbonnières-les-Bains, à l’ouest de Lyon. Format annoncé : conférences, plateformes technologiques, opportunités de financement européennes, pitchs et rendez-vous B2B en matchmaking (créneaux de 20 minutes). Sources : pages Minalogic et French Tech Saint-Étienne Lyon, plus le programme partagé sur LinkedIn par Minalogic.
Le piège, c’est de traiter ça comme une journée “inspiration”. Non. C’est un accélérateur de pipeline. Les formats Minalogic sont conçus pour enchaîner les qualifs vite, et ils ont l’habitude : le dispositif business development de Minalogic annonce plus de 16 300 rendez-vous B2B depuis 2012, et les Minalogic Business Meetings 2026 annoncent 454 participants et plus de 1200 rendez-vous B2B. Source : Minalogic.
Ton objectif n’est pas de plaire. C’est de ressortir avec trois choses : des leads qualifiés, des partenaires d’intégration, des preuves marché que tu peux réutiliser dès le lendemain (POC cadré, lettre d’intention, visite site, accès données terrain, sponsor interne identifié).
Ce que l’événement implique côté business (et pourquoi “Europe” change la donne)
Le titre est explicite : “Go to Europe”. Ça veut dire deux sujets en même temps :
- Go-to-market européen : vendre et déployer dans plusieurs pays avec les mêmes exigences de conformité, de documentation, de support.
- Financement européen : utile, mais secondaire si tu n’es pas “déployable”.
Et il y a une réalité qui arrive pile dans ton calendrier.
- Cyber Resilience Act (CRA) : entré en vigueur le 10 décembre 2024, application complète à partir du 11 décembre 2027, avec des obligations de reporting (article 14) à partir du 11 septembre 2026. Source : Commission européenne (Digital Strategy).
- Règlement Machines (UE) 2023/1230 : applicable à partir du 20 janvier 2027. Source : EUR-Lex.
- Référentiel cyber OT : la série ISA/IEC 62443 est un standard de référence pour les systèmes d’automatisation et de contrôle industriels. Source : ISA.
Donc oui, tu parles robotique et IA. Mais l’acheteur industriel, lui, entend : risque produit, risque cyber, risque intégration, risque arrêt de ligne, risque support. Si tu ne rassures pas sur ces points, tu n’es pas un fournisseur. Tu es un prototype.
Avant le 6/10 : construis ton “pack Europe” (une page, pas un roman)
Tu veux pouvoir répondre en 20 minutes à la question que personne ne formule comme ça, mais que tout le monde pense : “Est-ce que je peux déployer ton truc sur mon site, sans me cramer ?”
1) Proposition de valeur exportable (zéro jargon, que des KPI)
Prépare deux versions, courtes, mémorisables.
- Version industriel : bénéfice + KPI + condition de succès + délai. Exemple : “On réduit le temps de cycle de X % sur telle opération, avec une intégration en Y semaines, si on a accès à telle donnée et à tel API/automate.”
- Version partenaire techno : où tu t’intègres, ce que tu exposes, ce que tu attends. Exemple : “On s’intègre à tel MES/SCADA, on pousse tel type d’événements, on supporte tel protocole, on cherche un intégrateur sur tel secteur.”
Tu veux sortir de “notre IA est performante” et rentrer dans “voilà ce que ça change sur une ligne”.
2) Conformité produit : montre que tu as lu le cahier implicite de l’Europe
Tu ne vas pas certifier tout ton produit avant l’événement. Mais tu peux montrer une posture claire.
- Cartographie conformité : ce qui te concerne, ce qui ne te concerne pas, et pourquoi. Mentionne CRA et Règlement Machines comme jalons à intégrer à la roadmap, pas comme une promesse vague.
- Dossier technique “prêt audit” : même minimal. Architecture, liste composants, dépendances, versions, politique de mise à jour, journalisation.
- Traçabilité : comment tu traces les actions du système et les décisions côté IA quand il y en a.
Si tu veux un rappel simple sur la discipline conformité et documentation IA côté entreprise, tu peux t’appuyer sur ce contenu Lyon IA : AI Act : documenter vos usages d’IA en entreprise (registre prêt à copier + exemple PME Lyon).
3) Industrialisation : “on sait passer du POC au déploiement multi-sites”
L’industriel n’achète pas une démo. Il achète une capacité à tenir dans le temps.
- Packaging : BOM claire si matériel, options, prérequis réseau, prérequis IT/OT.
- Déploiement : procédure d’installation, rollback, mises à jour, gestion de versions.
- Run : supervision, alerting, SLA, escalade, temps de rétablissement.
- Mesure : quels indicateurs tu suis chez le client, et comment tu prouves le gain.
Tu veux être capable de dire : “On a un plan de déploiement en trois étapes, avec des critères de passage, et un tableau de bord.” Si tu as besoin d’une méthode pour cadrer et mesurer, garde ces deux liens sous la main : Cadrer un projet IA : la méthode en quatre étapes avant d’écrire du code et Mesurer le gain réel d’un usage IA : la méthode avant / après.
4) Cybersécurité : le sujet qui tue les deals silencieusement
En robotique et IA industrielle, la cyber n’est pas un bonus. C’est un prérequis. Avec CRA et l’OT, les questions deviennent non négociables.
- Security by design : authentification, gestion des secrets, durcissement, chiffrement où c’est pertinent.
- Gestion des vulnérabilités : process, délais, contact sécurité, capacité de patch.
- Segmentation IT/OT : comment tu vis dans un réseau contraint.
- Référentiel : tu n’as pas besoin d’être certifié IEC 62443 demain, mais tu dois parler le langage et montrer l’alignement.
Si tu veux une grille simple “questions sécurité à poser avant d’acheter”, tu peux réutiliser la logique de cet article Lyon IA : Lyon Cyber Expo 2026 (16 septembre) : 7 questions sécurité IA avant d’acheter. Et si tes briques IA impliquent modèles, prompts, données, ce papier est utile : Distillation et alerte NSA/CISA/FBI : protéger modèles et prompts sans ruiner l’usage.
5) Support et maintenance : ce que l’Europe te demande vraiment
Le support, c’est là où beaucoup de boîtes se disqualifient.
- Support multi-sites : horaires, langue, astreinte si critique, délais.
- Maintenance : préventif, correctif, pièces, procédure d’intervention.
- Documentation client : guides opérateur, guide maintenance, guide IT/OT.
- Base de connaissance : articles, incidents types, versions.
Tu peux structurer ça rapidement avec une logique de base de connaissance, même si ton produit est matériel. Référence utile : Support client : construire une base de connaissances qui tient la charge.
Ton plan de bataille sur place : 20 minutes, c’est brutal, donc tu scripts
Le matchmaking annoncé parle de créneaux courts (20 minutes). C’est un jeu de qualification, pas de présentation.
Le script simple en 6 minutes (puis tu laisses parler)
- Minute 0 à 1 : “Qui êtes-vous, quel site, quel process, quel irritant.”
- Minute 1 à 2 : “Voilà ce qu’on change, sur quels KPI, dans quel contexte.”
- Minute 2 à 3 : “Voilà comment on s’intègre et ce qu’il nous faut.”
- Minute 3 à 4 : “Voilà notre posture conformité et cyber.”
- Minute 4 à 5 : “Voilà une trajectoire POC vers déploiement.”
- Minute 5 à 6 : “Décision : on fait quoi après ?”
Si à la minute 10 tu n’as pas un next step concret, c’est que le rendez-vous est un “nice to have”. Tu notes et tu passes.
Les 12 questions de qualif qui transforment un échange en opportunité
- Où est la douleur : rebuts, temps de cycle, sécurité opérateur, indisponibilité, manque de main-d’œuvre ?
- Où ça se passe : quel atelier, quelle ligne, quel site, quel pays ?
- Qui possède le problème : prod, méthodes, maintenance, qualité, HSE, DSI, OT ?
- Quel budget : CAPEX, OPEX, enveloppe innovation, financement externe ?
- Quel timing : arrêt technique, nouveau site, nouveau produit, audit ?
- Quel niveau d’intégration : automate, MES, ERP, WMS, SCADA, CMMS ?
- Contraintes IT/OT : réseau fermé, accès distant, politique USB, patch windows, whitelisting ?
- Cyber : exigences IEC 62443, fournisseur référencé, questionnaire sécurité ?
- Safety : analyse de risques, exigences machine, marquage, responsabilité ?
- Data : qui a les données terrain, sous quel format, quelle fréquence, quel niveau de qualité ?
- Critères de succès : KPI, seuils, durée de test, méthode avant/après ?
- Next step : visite site, atelier de cadrage, NDA, partage logs, POC, devis ?
Quels signaux chercher chez les industriels (et comment repérer un vrai achat)
Tu vas croiser des curieux, des scouts, des partenaires, des acheteurs. Tu veux détecter vite les “vrais”.
Signaux forts (ça sent le projet réel)
- Ils parlent d’un site précis et d’une contrainte terrain concrète (arrêts, cadence, coactivité, nettoyage, poussière, ATEX, froid, etc.).
- Ils mentionnent l’intégration (MES, automates, ticketing, GMAO) au lieu de “faire une démo”.
- Ils ont un sponsor interne nommé, avec un rôle clair (responsable méthodes, directeur usine, responsable qualité).
- Ils veulent cadrer un test : durée, KPI, périmètre, conditions d’arrêt.
- Ils posent des questions cyber et safety tôt. Paradoxalement, c’est bon signe. Ça veut dire qu’ils ont un process achat sérieux.
Signaux faibles (risque de perdre ton temps)
- “On cherche des idées IA” sans process ciblé.
- “On verra plus tard” sans date ni action.
- Ils veulent le détail techno mais ne peuvent pas décrire le terrain.
- Ils ne savent pas qui décide et refusent d’introduire l’opérationnel.
Check-list spéciale robotique et IA industrielle (à imprimer avant de partir)
Tu veux cocher ça avant le 6/10. Pas besoin d’être parfait. Besoin d’être crédible.
Données terrain (le nerf de la guerre)
- Quelles données : capteurs, vision, logs automate, événements MES, qualité, arrêts.
- Fréquence et latence : temps réel, quasi temps réel, batch.
- Qualité : bruit, dérive, données manquantes, étiquetage.
- Droits et accès : qui donne l’accès, sous quelles conditions, NDA.
- Plan “zéro data” : comment tu démarres si les données sont pauvres (instrumentation minimale, collecte sur 2 semaines, protocole).
Sûreté et safety (robotique = responsabilité)
- Analyse de risques : méthode, hypothèses, scénarios.
- Coactivité : séparation, détection présence, zones, vitesses.
- Arrêt d’urgence : comment tu t’intègres au dispositif existant.
- Modes dégradés : que se passe-t-il si l’IA se trompe, si un capteur tombe, si le réseau est down.
- Journalisation : logs exploitables après incident.
Intégration (si tu n’es pas intégrable, tu n’es pas achetable)
- Interfaces : API, OPC UA, MQTT, fichiers, connecteurs, bus interne.
- Interop IT/OT : où tourne ton compute, edge ou cloud, et pourquoi.
- Compatibilité : versions, OS, contraintes de patch, durcissement.
- Temps d’installation : standard, worst case, prérequis.
Maintenance (le vrai coût total)
- Plan de maintenance : qui fait quoi, à quelle fréquence.
- Pièces et consommables : disponibilité, délais, alternatives.
- Surveillance : alertes, seuils, diagnostic, logs.
- Mises à jour : procédure, fenêtre d’arrêt, validation.
Cybersécurité produit (CRA mindset)
- Inventaire : SBOM si possible, sinon liste de dépendances et versions.
- Gestion des identités : comptes, rôles, MFA, accès distant.
- Gestion vulnérabilités : process, contact, délais de patch.
- Logs sécurité : où, combien de temps, qui y accède.
Partenaires : viens aussi pour “compléter ton offre” (pas seulement vendre)
Le programme et les partenaires cités montrent une logique inter-clusters et réseau large : CARA, PROXINNOV, Coboteam Auvergne-Rhône-Alpes, Robotics Place, Pôle EMC2, Excellence Industrie, ADIF, Minasmart, etc. Source : post LinkedIn de Minalogic.
Traduction : tu vas rencontrer des boîtes qui vendent déjà aux industriels, des intégrateurs, des plateformes, des gens qui savent “faire passer” les questionnaires et les audits. C’est souvent plus rentable qu’un lead direct.
- Si tu es éditeur IA : cherche un intégrateur OT qui sait entrer en usine.
- Si tu es roboticien : cherche un partenaire cyber OT ou un spécialiste safety pour verrouiller les dossiers.
- Si tu es intégrateur : cherche des briques différenciantes et des POC déjà cadrés.
Pitchs, visites et OFF : transforme ça en preuves marché
Le programme mentionne aussi des visites et une extension “OFF”, avec des plateformes industrielles comme SWARM et DIWII, et un temps “roadshow” en fin de journée. Source : programme partagé sur LinkedIn.
Ces moments-là sont faits pour produire des éléments concrets :
- Un cas d’usage “copiable” : même process, autre site, autre pays.
- Un contact terrain : maintenance, méthodes, qualité. Pas seulement innovation.
- Une contrainte non négociable : nettoyage, cadence, coactivité, IT/OT. Ça te sert à qualifier vite d’autres prospects.
Après la journée : ta méthode de follow-up (sinon tu perds tout)
Tu n’as pas besoin d’un CRM parfait. Tu as besoin d’une discipline simple sur 72 heures.
- Le soir même : note pour chaque contact : douleur, sponsor, next step, blocage principal, date cible.
- J+1 : envoie un message court avec trois points : récap, proposition de next step, liste des infos dont tu as besoin.
- J+7 : relance avec un format “choix binaire” : atelier de cadrage ou fin de piste.
Si tu veux industrialiser la partie qualification et tri des demandes entrantes, ces deux guides peuvent t’aider : Automatiser la qualification de ses leads entrants et Automatiser l’accueil des demandes entrantes : formulaire, tri, affectation.
Ce que tu dois avoir dans ton sac (littéralement)
- Un one-pager “pack Europe” : valeur, intégration, safety, cyber, support, roadmap conformité.
- Une grille de POC : KPI, durée, prérequis, livrables, critère go/no-go.
- Une slide architecture : simple, lisible, avec où tournent les composants.
- Une liste de questions : celles plus haut. Tu ne l’improvises pas.
- Un calendrier : créneaux follow-up déjà bloqués la semaine suivante.
Le guide minute : ton plan “Robotique IA Lyon” pour ressortir avec du concret
Tu veux que cette journée à Charbonnières serve ta traction en robotique IA Lyon et au-delà en Auvergne-Rhône-Alpes. Alors fais simple :
- Avant : prépare ton pack Europe, et décide de tes 2 ICP prioritaires (types d’industriels) + 1 type de partenaire.
- Pendant : qualifie dur en 20 minutes, cherche un sponsor terrain, force un next step daté.
- Après : follow-up en 72 heures, et transforme chaque échange en preuve réutilisable (POC cadré, visite, accès data).
Et si tu veux aligner ta préparation avec d’autres méthodes “visite utile” sur la région, tu peux aussi regarder : SIDO Lyon 2026 : préparer une visite utile côté industrie, data et IA. Même logique : moins de blabla, plus de pipeline.
Sources
- Minalogic : page événement “Minalogic Innovation Boost - Robotics & AI: Go to Europe!” (date, tarifs, infos) et pages sur le dispositif business development et Minalogic Business Meetings (chiffres B2B).
- La French Tech Saint-Étienne Lyon : fiche événement (lieu, format, rendez-vous B2B 20 minutes).
- LinkedIn Minalogic : éléments de programme, écosystème de partenaires, extension OFF et visites (SWARM, DIWII), mention ADRA/Commission européenne.
- Commission européenne : Cyber Resilience Act (calendrier, jalons).
- EUR-Lex : Règlement Machines (UE) 2023/1230 (date d’applicabilité).
- ISA : série de standards ISA/IEC 62443 (cybersécurité OT/IACS).
Note SEO : si tu dois résumer l’article en une phrase pour ton équipe : “À Minalogic Innovation Boost, tu viens avec ton pack Europe, tu qualifies vite, tu repars avec des next steps datés.”
Laisser un commentaire