OVHcloud remet ça. Après une première hausse au 1er avril 2026, l'hébergeur annonce en août une deuxième vague de tarifs. Et cette fois, ça pique : jusqu'à 87 % d'augmentation sur certains serveurs dédiés. Si vous gérez votre infra chez OVHcloud, et beaucoup de PME de Lyon et de la région le font, vous allez le sentir passer.
La bonne nouvelle : cette hausse suit une mécanique précise, avec des dates claires et une fenêtre pour verrouiller vos prix. On vous explique le mécanisme, l'option de prolongation de contrat, et on vous donne une méthode pour arbitrer entre cloud, réservation et local.
Pourquoi OVHcloud augmente encore ses prix
La cause est assumée par OVHcloud elle-même. C'est l'IA. Les centres de calcul dédiés à l'IA et aux GPU dévorent une part croissante de la production mondiale de mémoire. Résultat : les fabricants privilégient ces marchés plus rentables, et la RAM comme le stockage se raréfient pour tout le reste.
Les chiffres donnent le vertige. Selon Octave Klaba, patron d'OVHcloud, les coûts de la mémoire vive et du stockage ont été multipliés par six sur l'année 2026. Les projections évoquent une hausse de la RAM de +250 % à +300 % fin 2026 par rapport à septembre 2025. Et ce n'est pas fini : l'entreprise anticipe encore des hausses en 2027.
Il y a aussi un enjeu d'approvisionnement, pas seulement de prix. Pour garantir la livraison de volumes de RAM ou de disques, il faut commander jusqu'à 12 mois à l'avance sans connaître le prix final. Les tarifs ne sont communiqués qu'un à deux mois après la livraison. Autrement dit, même OVHcloud navigue à vue.
Horizon annoncé : une stabilisation des prix d'ici 2029, après une période de volatilité prolongée jusqu'en 2028. L'entreprise reste prudente. Cette deuxième hausse ne sera probablement pas la dernière. Elle n'a de visibilité sur les prix des composants que jusqu'à la fin de l'année.
Le mécanisme en trois temps : les dates à retenir
C'est le cœur du sujet pour votre trésorerie. La hausse ne tombe pas d'un coup. Elle se déploie en trois temps, avec trois dates à visualiser.
1er juillet 2026 : les options RAM et stockage
Première étape, les prix des options de mémoire vive et de stockage augmentent sur les nouvelles commandes. Concrètement, si vous ajoutez de la RAM ou des disques à une nouvelle config, c'est déjà plus cher.
11 août 2026 : les configurations serveur
Deuxième étape, les nouveaux tarifs s'appliquent aux configurations serveur elles-mêmes, toujours pour les nouvelles commandes. Cette date était initialement prévue au 1er septembre, elle a été avancée. Si vous comptiez commander un nouveau dédié, vous êtes concerné.
1er octobre 2026 : les renouvellements
Troisième étape, la plus importante pour les clients existants. La hausse s'applique aux serveurs déjà en production, au moment de leur renouvellement. Tant que votre contrat court, votre prix ne bouge pas. C'est au renouvellement que la nouvelle grille s'applique.
La logique est claire : OVHcloud fait payer les nouveaux clients d'abord, les clients existants ensuite, à l'échéance de leur contrat. Cette nuance ouvre une marge de manœuvre qu'on détaille plus bas.
Combien ça coûte vraiment, gamme par gamme
Toutes les gammes ne sont pas logées à la même enseigne. Voici ce qu'annonçait Octave Klaba le 10 août pour les serveurs dédiés.
- Kimsufi, So You Start, Rise : 0 %. Ces gammes sont épargnées et conservent leurs tarifs actuels. Un repère utile pour les petits budgets et les environnements de test.
- Game : 0 % sur la Gen 2024, +87 % sur la Gen 2026.
- Advance : +26 % sur la Gen 2024, +49 % sur la Gen 2026.
- Scale : +37 % sur la Gen 2024, +40 % sur la Gen 2026.
- High Grade : +26 % sur la Gen 2024, +59 % sur la Gen 2026.
En moyenne, comptez +28 % sur la Gen 2024 et +51 % sur la Gen 2026. La Gen 2026 prend cher, logique puisque c'est le matériel le plus récent, le plus exposé aux prix actuels des composants.
La règle qui protège les clients déjà équipés
Point crucial. OVHcloud met en avant une règle : un client déjà équipé paie une hausse trois à six fois plus faible qu'un client qui commande la même option neuve. Et plus votre serveur est équipé, plus l'écart joue en votre faveur.
Sur les options déjà installées en production, la hausse RAM est plafonnée à 20 % sur les Gen 2024 et à 40 % sur les Gen 2026. Sur les disques, respectivement 10 % et 15 %. Pour les nouvelles commandes, en revanche, c'est l'inconnu : de 68 % à 652 % sur la mémoire, de 8 % à 166 % sur le stockage selon l'option choisie.
La leçon : si vous avez déjà votre matériel, vous êtes bien mieux protégé qu'en repartant de zéro. Ça change complètement l'arbitrage.
Le cloud public : un mécanisme différent
Sur son offre de cloud public, OVHcloud ne touche pas au tarif horaire du compute. La méthode retenue est celle de la dévente groupée. L'hébergeur ventile certains coûts qui étaient auparavant inclus, sans augmenter le prix horaire, pour rester compétitif.
Concrètement pour le stockage : vous choisissez désormais la quantité que vous voulez, payée au giga, à environ 0,13 € par Go et par mois. Ça se traduit par une hausse d'environ 20 % pour les petites instances, avec une inflation plus limitée annoncée sur les grosses instances. Si vous consommez peu de stockage, vous encaissez proportionnellement plus.
L'option à connaître : verrouiller son prix avant le 1er octobre
C'est l'élément le plus actionnable de tout cet article. OVHcloud encourage explicitement ses clients existants à profiter de la fenêtre ouverte jusqu'au 1er octobre pour prolonger leurs contrats et sécuriser le tarif associé.
Le mécanisme : le nouveau prix s'applique au renouvellement suivant. Pour figer votre prix dans la durée, vous pouvez souscrire un engagement payé d'avance, c'est-à-dire régler intégralement la période à la souscription. L'entreprise pousse même vers des contrats longue durée, jusqu'à 36 mois payés d'avance, en s'engageant à honorer les prix actuels jusqu'à la fin de l'engagement.
La limite saute aux yeux : il faut pouvoir se projeter loin et sortir la trésorerie d'avance. Pour une PME, c'est un vrai arbitrage. Bloquer 36 mois de serveur, c'est immobiliser du cash. Mais face à des hausses qui pourraient continuer en 2027 et 2028, le calcul peut valoir le coup, surtout sur des configurations que vous savez conserver.
Avant de signer, posez-vous trois questions : avez-vous la visibilité pour vous engager sur 12, 24 ou 36 mois ? La trésorerie pour payer d'avance ? Et cette config est-elle bien celle dont vous aurez besoin sur toute la durée ? Si oui aux trois, verrouiller est probablement le bon réflexe.
Cloud, réservation ou local : comment arbitrer
Cette hausse est l'occasion de reposer la question de fond : où doit tourner votre infra IA ? Voici une méthode simple pour trancher.
Étape 1 : cartographiez vos charges
Séparez ce qui tourne en permanence de ce qui est ponctuel. Une base de données ou un serveur d'application actif 24/7 n'a pas la même logique de coût qu'un entraînement de modèle lancé deux fois par mois. Le premier justifie un engagement, le second non.
Étape 2 : arbitrez entre location et engagement
Pour les charges stables et prévisibles, l'engagement payé d'avance devient intéressant, puisqu'il gèle le prix. Pour les charges variables ou incertaines, gardez de la flexibilité, quitte à payer un peu plus au giga ou à l'heure. Ne verrouillez pas ce dont vous n'êtes pas sûr.
Étape 3 : évaluez le local pour certaines charges
Face à des prix cloud qui grimpent, l'auto-hébergement redevient une option à chiffrer, surtout pour de l'inférence sur des petits modèles. Une machine avec un GPU correct peut faire tourner pas mal de choses en interne, sans facture mensuelle qui gonfle. On a détaillé ce que votre PME peut faire tourner sans le cloud dans cet article, et la question du choix se pose aussi côté automatisations, entre auto-hébergé et service en ligne.
Étape 4 : mesurez avant de décider
Ne migrez pas sur un coup de tête. Chiffrez le coût réel de chaque option sur 24 mois, matériel, énergie et temps humain compris. Le local n'est pas gratuit, il déplace le coût. Si vous voulez piloter sérieusement vos dépenses IA, notre méthode pour piloter vos dépenses IA vous donnera un cadre.
Ce que vous devez faire cette semaine
Trois actions concrètes, dans l'ordre.
- Faites l'inventaire. Listez vos serveurs OVHcloud, leur gamme, leur génération, leurs dates de renouvellement. Vous saurez immédiatement qui est exposé au 1er octobre.
- Calculez le coût de l'engagement. Pour chaque config stable, comparez le tarif actuel gelé sur 24 ou 36 mois payés d'avance avec le scénario où vous subissez les hausses successives. Le chiffre vous dira quoi verrouiller.
- Ouvrez le dossier local. Identifiez une ou deux charges candidates à l'auto-hébergement et chiffrez-les. Même si vous ne migrez pas maintenant, vous aurez une alternative crédible pour la prochaine hausse.
La crise des composants va durer jusqu'en 2028 au moins. Les DSI de PME lyonnaises qui anticipent maintenant, en gelant ce qui doit l'être et en gardant de la flexibilité ailleurs, s'éviteront de mauvaises surprises. Ceux qui attendent le renouvellement pour découvrir la facture, beaucoup moins.
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